Philanthropie et impact

Pourquoi Singapour est en train de devenir un pôle de la philanthropie asiatique

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La philanthropie suisse : tendances et impact

Une famille peut passer des années à définir les objectifs qu’elle souhaite atteindre à travers son action philanthropique, mais le choix de la juridiction peut déterminer si cette ambition se traduira par une institution pérenne ou par une succession de subventions transfrontalières complexes. La fondation a besoin d’une gouvernance capable de résister au changement générationnel, de conseillers qui maîtrisent à la fois la gestion du patrimoine et les activités caritatives, ainsi que d’un environnement juridique dans lequel les donateurs, les conseils d’administration et les bénéficiaires savent ce que l’on attend d’eux.

Singapour est de plus en plus souvent choisie pour jouer ce rôle.

À la fin de l’année 2024, la cité-État comptait plus de 2 000 family offices individuels, ainsi que plus de 2 400 organismes caritatifs enregistrés et plus de 400 fondations et trusts enregistrés auprès du Commissaire aux organismes caritatifs. Ces chiffres ne signifient pas que chaque family office a créé une fondation caritative, mais ils révèlent l’infrastructure qui l’entoure : banques privées, avocats, fiscalistes, conseillers en impact social et organismes subventionnaires sont déjà au service d’un vivier concentré de fortunes mobiles à l’échelle internationale.

Pour les familles dont le patrimoine, les activités commerciales et les engagements caritatifs s'étendent à travers l'Asie, Singapour offre bien plus qu'une simple adresse prestigieuse pour leurs actions philanthropiques. La ville-État leur permet de gérer leurs investissements, leur succession et leurs dons au sein d'un même écosystème professionnel, tout en continuant à orienter leurs capitaux au-delà des frontières.

Cette décision ne convient pas automatiquement à tous les donateurs. Les exigences de Singapour en matière de reporting sont devenues plus strictes, les avantages fiscaux sont soumis à certaines conditions, et le fait de créer une fondation locale ne dispense pas de la nécessité de comprendre la législation de chaque pays dans lequel des subventions seront accordées. Son avantage réside dans le fait de rendre la philanthropie complexe plus facile à gérer, et non dans le fait de la rendre sans effort.

La stabilité est essentielle lorsqu'une fondation est destinée à survivre à son fondateur

Une structure philanthropique est généralement conçue pour avoir une durée de vie plus longue qu’un projet commercial ordinaire. Elle peut détenir des actifs pendant des décennies, prendre des engagements s’étendant sur plusieurs générations et poursuivre ses activités même lorsque le donateur d’origine n’est plus en mesure de la diriger.

C’est pourquoi la prévisibilité politique et juridique revêt une importance commerciale majeure. Les donateurs doivent avoir l’assurance que les contrats seront exécutoires, que les règles régissant les organisations caritatives resteront claires et que leurs actifs ne seront pas exposés à des interventions politiques soudaines. Les conseils d’administration doivent comprendre leurs obligations, tandis que les prestataires professionnels doivent pouvoir fournir des conseils sans avoir à deviner comment le cadre réglementaire évoluera d’une année à l’autre.

L'attrait de Singapour est donc souvent comparé à celui de la Suisse. Tous deux sont de petits centres financiers internationaux associés à une stabilité politique, à des institutions bien établies et à un niveau de confiance relativement élevé dans le système juridique. Singapour se distingue en outre par sa proximité géographique avec les pays où de nombreuses familles asiatiques exercent leurs activités, ainsi qu’avec les enjeux sociaux et environnementaux auxquels elles souhaitent s’attaquer.

Cette proximité n'est pas seulement symbolique. Une famille qui soutient l'éducation en Indonésie, les soins de santé en Inde ou l'adaptation au changement climatique en Asie du Sud-Est bénéficie de l'aide de conseillers, de fondations et d'organisations régionales opérant dans des fuseaux horaires similaires et disposant souvent d'une connaissance directe de la mise en œuvre sur le terrain.

Pour les donateurs habitués à diriger des entreprises asiatiques depuis Singapour, y implanter les activités philanthropiques de leur famille peut être perçu moins comme une délocalisation que comme le prolongement d'une base déjà existante.

Les family offices constituent une voie naturelle vers le don structuré

Il ne faut pas confondre un « family office » et une fondation philanthropique. Le « family office » gère le patrimoine privé, la gouvernance, le reporting et d’autres affaires familiales ; la fondation ou l’organisme caritatif octroyant des subventions poursuit des objectifs caritatifs bien définis.

Dans la pratique, cependant, c’est souvent le family office qui fournit l’infrastructure à partir de laquelle se développe l’action philanthropique. Il connaît déjà le patrimoine de la famille, ses entités d’investissement, ses plans de succession et son processus décisionnel. Il peut coordonner les avocats, les gestionnaires d’investissement et les conseillers fiscaux, puis aider à mettre en place un système de gouvernance distinct pour le capital destiné à des œuvres caritatives.

Singapour a délibérément renforcé ce lien. Ses politiques en matière de family offices encouragent les entreprises à développer une présence locale concrète grâce à des professionnels de l'investissement, à des dépenses d'entreprise et au déploiement d'une partie de leur capital à Singapour. L'action philanthropique est devenue de plus en plus un élément à part entière de cet écosystème.

Pour un entrepreneur de première génération, cela peut permettre de systématiser davantage les dons. Les dons qui étaient auparavant approuvés au cas par cas peuvent désormais s’inscrire dans le cadre d’une mission définie, d’un budget annuel et d’un processus d’évaluation des subventions. Pour la génération suivante, la fondation peut créer un domaine de responsabilité à part entière grâce auquel les membres de la famille apprennent à gouverner, à évaluer les données factuelles et à travailler ensemble sans se voir confier immédiatement le contrôle des actifs commerciaux.

L'intérêt réside dans le respect des limites institutionnelles. Une fondation ne doit pas se transformer en compte familial informel ni en mécanisme de soutien à des projets simplement parce qu'ils sont liés à des amis. L'objet caritatif, les responsabilités du conseil d'administration et les procédures en cas de conflit doivent être suffisamment clairs pour résister aux désaccords au sein de la famille.

Un régime moins contraignant tient compte des différences entre les organismes subventionnaires et les associations caritatives publiques

À Singapour, on distingue les organismes privés octroyant des subventions des associations caritatives traditionnelles qui collectent des fonds auprès du public.

Une association caritative ouverte au grand public peut s'appuyer sur des campagnes de collecte de fonds, des bénévoles et la confiance générale de la communauté. Une fondation familiale ou d'entreprise est quant à elle plus susceptible d'être financée par un patrimoine privé et d'octroyer des subventions plutôt que de solliciter des dons. Soumettre ces deux types d'organismes à des exigences identiques ne garantirait pas nécessairement une meilleure responsabilisation.

Les organismes subventionnaires éligibles peuvent donc exercer leurs activités dans le cadre d'un régime réglementaire allégé, géré par le commissaire aux organismes caritatifs. Certaines exigences, jugées moins pertinentes pour les organismes subventionnaires financés par des fonds privés, peuvent faire l'objet d'une dérogation, tout en veillant à ce que l'organisation continue de respecter les obligations en matière de gouvernance, de reporting et d'objectifs caritatifs.

Cette approche est intéressante car elle permet de réduire les formalités administratives superflues sans pour autant considérer la philanthropie privée comme un secteur non réglementé. Les donateurs bénéficient ainsi d'une structure formelle, conçue toutefois en tenant compte du modèle de fonctionnement d'une fondation octroyant des subventions.

“Cette ” approche plus souple » ne doit pas être interprétée comme un manque de transparence ou une absence de contrôle. Singapour a renforcé la surveillance des structures patrimoniales à la suite d’affaires très médiatisées de criminalité financière, et les family offices sont désormais soumis à des exigences plus strictes en matière d’origine du patrimoine, de propriété effective et de substance professionnelle.

Les philanthropes sérieux pourraient y voir un avantage. Une fondation appelée à perdurer doit être en mesure de démontrer d’où proviennent ses fonds, qui la contrôle et comment les décisions sont prises. Une diligence raisonnable insuffisante peut certes accélérer sa mise en place à court terme, mais elle risque d’engendrer par la suite des problèmes bancaires, de réputation et de succession.

Les incitations fiscales sont utiles, mais elles ne font pas tout

Singapour encourage les dons caritatifs nationaux en accordant une déduction fiscale de 250 % pour les dons éligibles versés à des organismes d'intérêt public agréés. Cette déduction a été prolongée jusqu'à la fin de l'année 2029.

Cette mesure est généreuse, mais elle s'applique aux dons éligibles destinés à la communauté locale, et non à toutes les contributions versées à n'importe quelle organisation. Une association caritative enregistrée ne bénéficie pas automatiquement du statut d'« institution d'intérêt public », et les donateurs doivent vérifier l'éligibilité avant de supposer qu'un don donnera droit à la déduction.

La mesure la plus marquante pour les familles tournées vers l'international est le « Philanthropy Tax Incentive Scheme for Family Offices » (programme d'incitation fiscale à la philanthropie destiné aux family offices), qui est entré en vigueur en 2024. Un donateur éligible lié à un family office éligible peut bénéficier d’une déduction de 100 % pour les dons à l’étranger approuvés effectués par l’intermédiaire d’un intermédiaire local éligible, dans la limite de 40 % du revenu imposable à Singapour et sous réserve d’autres conditions.

Ce dispositif répond à un véritable problème. Les mesures d'incitation traditionnelles en matière de dons favorisent souvent les causes nationales, même lorsque les priorités caritatives d'une famille sont d'ordre régional. Le modèle singapourien tient compte du fait qu'un family office basé dans le pays puisse souhaiter soutenir des actions menées ailleurs en Asie, tout en conservant un contrôle et un suivi appropriés par l'intermédiaire d'un intermédiaire singapourien.

La fiscalité doit toujours passer après la stratégie. Une déduction n'a qu'une valeur limitée si le donateur ne dispose pas d'un revenu imposable suffisant, si le bénéficiaire visé ne remplit pas les conditions requises ou si la fondation est implantée à Singapour alors que sa gouvernance et ses activités sont centrées ailleurs.

La bonne question n'est pas : “ À combien s'élève cette déduction ? ”, mais : “ Singapour resterait-elle la meilleure base opérationnelle sans elle ? ” Lorsque la réponse est oui, cette mesure incitative améliore la rentabilité d'une structure déjà cohérente.

Singapour offre un accès à un marché philanthropique en plein essor

L'Asie concentre une part importante de la population mondiale, de la croissance économique et des risques environnementaux, mais son infrastructure philanthropique reste inégale. Certains pays disposent d'un secteur caritatif très développé ; d'autres, en revanche, ne disposent que de données limitées, ont des structures juridiques peu connues ou sont soumis à des restrictions en matière de financement étranger.

Singapour s'est positionnée comme un intermédiaire entre les capitaux mondiaux et ces besoins régionaux.

L'Alliance Philanthropy Asia, soutenue par Temasek Trust, rassemble des family offices, des fondations, des entreprises, des institutions publiques et des organisations spécialisées. Son sommet de 2025 a attiré plus de 1 100 participants venus de 27 pays, tandis que son réseau plus large s'est efforcé de mobiliser des capitaux en faveur du climat, de la santé et du développement inclusif.

Cela est important car une action philanthropique régionale efficace ne se limite pas à la simple capacité à transférer des fonds. Les donateurs ont besoin de projets crédibles, de partenaires locaux, d’une diligence raisonnable, d’outils d’évaluation et d’un moyen de tirer les leçons de l’expérience d’autres acteurs finançant des initiatives similaires. Une famille qui crée une fondation de manière isolée peut mettre des années à développer ces capacités.

Un écosystème solide ne garantit pas une subvention importante. Il permet toutefois de trouver plus facilement des experts.

Les familles devraient néanmoins se demander qui a conçu l'intervention, si les communautés ont été associées au projet, comment l'organisme bénéficiaire est géré et quelles sont les données qui étayent la méthode proposée. L'avantage de Singapour réside dans la concentration d'organisations capables d'aider à répondre à ces questions.

La philanthropie se rapproche de l'investissement

De nombreux détenteurs de fortune asiatiques ont bâti leur patrimoine grâce à leurs activités commerciales et à leurs investissements, ce qui les rend moins enclins à considérer la philanthropie comme une simple distribution passive de subventions annuelles.

Ils peuvent souhaiter soutenir une entreprise sociale, apporter un capital catalyseur à une technologie climatique, garantir une partie d’un tour de table ou prendre en charge les risques liés à la phase de démarrage afin que des investisseurs commerciaux puissent intervenir ultérieurement. Ces approches se situent à mi-chemin entre l’octroi de subventions classiques et l’investissement aux conditions du marché.

Singapour se prête particulièrement bien à cette convergence, car son secteur philanthropique côtoie un vaste secteur de la gestion de patrimoine, de l'investissement et des services financiers. Les conseillers peuvent aider les familles à faire la distinction entre les subventions, les investissements à conditions préférentielles, les garanties et les investissements d'impact classiques, plutôt que de vouloir à tout prix faire rentrer chaque projet dans un seul et même modèle.

Le financement mixte est au cœur de cette approche. Les capitaux publics ou philanthropiques peuvent prendre des risques que les investisseurs commerciaux ne sont pas prêts à assumer dans un premier temps, aidant ainsi un projet à faire ses preuves ou à améliorer sa rentabilité. En cas de succès, un engagement philanthropique relativement modeste peut permettre de mobiliser des fonds privés plus importants.

Ce modèle est séduisant, mais il ne faut pas l'idéaliser. Sa complexité peut entraîner une augmentation des frais, allonger les négociations et compliquer l'identification de l'investisseur à l'origine de l'impact. Certains problèmes sociaux nécessitent des subventions, car il n'existe pas de modèle économique crédible, tandis que d'autres peuvent faire l'objet d'investissements sans aide philanthropique.

Une fondation devrait partir de l'objectif social, puis choisir l'instrument de financement, et non commencer par une structure à la mode pour ensuite chercher une cause qui s'y adapte.

Singapour peut allier crédibilité locale et rayonnement régional

Une entreprise familiale n'a pas à choisir entre soutenir Singapour et exercer ses activités dans toute l'Asie.

Les dons nationaux peuvent aider la fondation à tisser des liens au niveau local, à comprendre le cadre réglementaire et à démontrer qu’elle apporte sa contribution à la société dans laquelle elle est implantée. Les subventions régionales peuvent ensuite répondre à des priorités liées à l’histoire de la famille, à l’empreinte de son entreprise ou à ses intérêts à long terme.

Cette combinaison peut s'avérer particulièrement utile pour les familles mobiles à l'international dont les membres ne résident plus tous dans le même pays. Singapour offre un pôle institutionnel neutre, tandis que les activités de la fondation peuvent rester géographiquement diversifiées.

Toutefois, les subventions transfrontalières nécessitent une analyse spécifique à chaque pays. La fondation doit déterminer si le financement étranger est autorisé, si le bénéficiaire peut le recevoir, quelles sont les obligations de déclaration requises et si la subvention pourrait entraîner des conséquences fiscales ou réglementaires pour l’une ou l’autre des parties.

Le contrôle des sanctions, les mesures de lutte contre le blanchiment d'argent et la prévention du financement du terrorisme sont également essentiels, en particulier lorsque les subventions sont versées dans des régions fragiles ou touchées par un conflit. Le caractère philanthropique d'un transfert ne le soustrait pas à la réglementation financière.

Une structure basée à Singapour peut coordonner ce travail. Elle ne peut toutefois pas se substituer à l'expertise juridique et opérationnelle locale.

Ce que les familles doivent décider avant de s'installer

La première décision concerne l'objectif. La famille doit définir le problème qu'elle souhaite traiter, la zone géographique concernée, la durée prévue, ainsi que la nature des activités menées par l'entité : octroi de subventions, mise en œuvre de programmes, investissements à impact social ou une combinaison de ces activités.

Le deuxième aspect concerne le contrôle. Le fondateur doit déterminer quelles compétences resteront entre les mains des membres de la famille, lesquelles seront confiées à un conseil d’administration indépendant, et comment la génération suivante participera à la gestion. Une fondation entièrement conçue en fonction des préférences d’une seule personne risque de rencontrer des difficultés après le décès de cette dernière ou en cas de perte de ses capacités.

Le troisième élément est le capital. La famille doit déterminer si elle souhaite constituer un fonds de dotation permanent, effectuer des dons annuels réguliers ou financer la fondation en fonction d’opportunités spécifiques. Ce choix a une incidence sur la stratégie d’investissement, la dotation en personnel et la capacité de l’organisation à prendre des engagements à long terme.

Le quatrième élément concerne le fonctionnement de l'organisme. Une fondation singapourienne digne de confiance peut avoir besoin d'administrateurs locaux, d'une équipe administrative professionnelle, de services comptables, d'audits, d'une vérification préalable des subventions et d'un système de reporting. Les familles doivent prévoir ces coûts dans leur budget, plutôt que de partir du principe que ce dispositif philanthropique sera peu coûteux simplement parce qu'il ne vise pas le profit.

Le cinquième point concerne la relation avec le family office. Dans certaines circonstances, il est possible de partager du personnel, mais les coûts, les décisions et la tenue des registres doivent être clairement répartis. La gestion des investissements et la gouvernance des œuvres caritatives ne doivent pas se confondre.

Enfin, la famille doit disposer d'un mécanisme de sortie ou d'adaptation. La mission initiale peut devenir obsolète, un programme peut s'avérer inefficace ou les générations futures peuvent avoir des connaissances et des priorités différentes. Les textes constitutifs doivent permettre d'opérer des changements responsables sans pour autant vider de son sens l'objet de l'association caritative.

Quand Singapour n'est peut-être pas la bonne solution

Singapour s'avère moins convaincante lorsque la famille n'a aucun lien réel avec l'Asie, que toutes les subventions seront octroyées dans une juridiction éloignée ou que les décideurs et le personnel de la fondation resteront entièrement ailleurs.

Dans ce cas de figure, Singapour peut ajouter une entité juridique supplémentaire, une relation bancaire et un niveau de déclaration supplémentaire sans pour autant améliorer le fonctionnement du système. Un donateur qui se concentre exclusivement sur la Suisse, le Royaume-Uni ou les États-Unis pourrait estimer qu’une fondation nationale offre un accès plus direct aux bénéficiaires et un traitement fiscal plus simple.

Cela peut également s'avérer inutile pour les familles dont les activités philanthropiques restent modestes. Un fonds conseillé par le donateur, une fiducie caritative ou un intermédiaire reconnu peut assurer la gestion professionnelle des subventions sans les coûts fixes liés au maintien d'une fondation autonome.

Il ne faut jamais confondre le prestige lié à la création d’une fondation avec son impact. La mise en place d’une structure dédiée se justifie lorsque la famille a besoin d’assurer la continuité, de mettre en place une gouvernance, de s’adjoindre les services d’un personnel spécialisé ou de pouvoir combiner plusieurs modes de financement sur une période suffisamment longue.

L'essor de Singapour en tant que pôle philanthropique reflète la convergence de deux marchés : la croissance de la fortune privée en Asie et la demande croissante d'institutions capables de mobiliser cette fortune de manière crédible dans toute la région. Si ses politiques fiscales favorisent cette évolution, ce sont surtout la stabilité, les services professionnels et l'accès à des partenaires qui expliquent en grande partie son attrait.

Pour une famille dont les activités commerciales sont déjà centrées sur l’Asie, cette cité-État peut offrir un cadre cohérent pour la prochaine étape de son héritage. Le véritable avantage n’est pas que les dons deviennent plus simples, mais que cette ambition puisse se concrétiser sous la forme d’une institution dotée d’une gouvernance solide, ayant ainsi davantage de chances de survivre à son fondateur.