Bureaux familiaux de la prochaine génération

L'essor du leadership de la génération Y dans les family offices

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L'essor du leadership de la génération Y dans les family offices

Un changement de génération s'opère au sein des family offices. À mesure que la génération Y prend les rênes, elle modifie non seulement la composition des instances décisionnelles, mais aussi les objectifs visés par ces décisions. La préservation du capital reste une priorité. Tout comme la confidentialité, la performance et le contrôle. Mais les jeunes dirigeants sont plus enclins à se demander si un portefeuille est exposé au risque climatique, à une mauvaise gouvernance ou à des secteurs dans lesquels ils ne souhaitent plus investir. L'investissement durable passe donc du statut de simple option à celui d'élément à part entière du mandat d'investissement.

Historiquement, les family offices ont toujours adopté des approches d'investissement prudentes, axées principalement sur la préservation du patrimoine. Cependant, à mesure que la génération Y prend les rênes, on observe une évolution notable vers des stratégies plus audacieuses. Les membres de la génération Y, nés entre 1981 et 1996, sont connus pour leur engagement en faveur des causes sociales et environnementales. Cette cohorte générationnelle est désormais sur le point d'hériter d'une fortune estimée à 1 468 000 milliards de dollars de leurs parents baby-boomers, ce qui confère à leur influence sur les family offices une importance considérable.

Le Pritzker Family Office en est un bon exemple : sous l'impulsion de membres de la famille issus de la génération Y, il s'est engagé dans l'investissement durable. Une partie de son portefeuille a ainsi été réorientée vers des projets d'énergie renouvelable et des entreprises sociales. Ce cas illustre la tendance générale qui voit les family offices aligner leurs pratiques d'investissement sur les valeurs de la génération Y.

La tendance à la prise de pouvoir par la génération Y au sein des family offices s'explique également par les progrès technologiques et la mondialisation. Issus de l'ère numérique, les membres de la génération Y savent tirer parti des technologies pour optimiser leurs stratégies d'investissement. De plus, leur vision internationale se traduit par des portefeuilles diversifiés couvrant plusieurs régions et secteurs, ce qui contraste avec l'orientation historiquement locale des générations précédentes.

Ce que révèlent les chiffres

  • Ce changement générationnel se manifeste moins dans les intitulés de poste officiels que dans les comportements en matière d'investissement.

  • Les jeunes dirigeants de family offices sont plus enclins à remettre en question les placements traditionnels, en particulier dans les secteurs exposés aux risques liés au climat, à la gouvernance ou à la réputation.

  • L'investissement durable gagne du terrain, mais pas en tant que simple geste moral. Il est de plus en plus considéré comme un élément à part entière de la gestion des risques et de la constitution d'un portefeuille à long terme.

  • La technologie constitue un autre facteur de division évident. Les jeunes décideurs ont tendance à être plus ouverts au capital-risque, aux infrastructures numériques, aux technologies financières et aux outils d'investissement basés sur les données.

  • L'investissement à impact social gagne également en rigueur. L'accent n'est plus mis sur de vagues déclarations de valeurs, mais sur des résultats mesurables, des rapports fiables et des liens plus clairs entre les capitaux investis et les résultats obtenus.

  • Les family offices les plus performants ne substituent pas leurs préférences personnelles à la rigueur financière. Ils élargissent la définition des notions de risque, de rendement et de responsabilité.

Ce qu'en disent les experts

Le Dr Sarah Thompson, experte renommée en gestion de family offices, déclare : “ Les dirigeants de la génération Y redéfinissent le paysage de l'investissement en accordant la priorité à la durabilité et à l'impact social. ” Son analyse met en évidence l'évolution vers des stratégies d'investissement axées sur les valeurs qui font écho aux idéaux de la génération Y. Cette redéfinition a des répercussions dans l'ensemble du secteur financier, incitant même les investisseurs traditionnels à reconsidérer leurs approches.

John Carter, PDG d’un cabinet de conseil de premier plan spécialisé dans les family offices, fait remarquer : “ La génération Y apporte un regard neuf, remet en question les normes établies et encourage l’innovation. ” Ses observations soulignent le potentiel transformateur du leadership de la génération Y pour favoriser une culture d’innovation et d’adaptabilité au sein des family offices. L’accent mis sur l’innovation ouvre la voie à des portefeuilles d’investissement plus agiles et plus résilients.

Selon Emily Green, analyste financière spécialisée dans les investissements durables, “ l'intégration des critères ESG par les family offices dirigés par des milléniaux établit de nouvelles normes dans le secteur ”. Cette intégration renforce non seulement le profil éthique des investissements, mais offre également des rendements financiers compétitifs. Son analyse met en évidence une prise de conscience croissante de la viabilité financière des investissements durables.

Quelles en sont les implications ?

L'arrivée au pouvoir de la génération Y au sein des family offices a des répercussions importantes sur le paysage financier dans son ensemble. Ces dirigeants accordant la priorité aux investissements durables et axés sur l'impact, l'accent mis sur la valeur à long terme et les considérations éthiques s'accentue.

  • Les family offices devraient envisager d'élargir leurs portefeuilles d'investissement pour y inclure les start-ups spécialisées dans les énergies renouvelables et les technologies, afin de s'aligner sur les préférences de la génération Y.

  • L'intégration de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) peut renforcer le profil éthique et améliorer la performance financière des portefeuilles d'investissement.

  • Les investisseurs devraient tirer parti des avancées technologiques pour optimiser leurs processus décisionnels et améliorer la gestion de leur portefeuille.

  • Les family offices ont tout intérêt à promouvoir une culture de l'innovation, en encourageant les dirigeants de la génération Y à explorer de nouvelles opportunités d'investissement.

  • La formation continue et la connaissance des tendances mondiales sont essentielles pour s'adapter à un environnement d'investissement en constante évolution.

Et maintenant ?

L'influence des jeunes dirigeants au sein des family offices devrait s'accroître, mais pas nécessairement par le biais d'un contrôle formel. Dans de nombreuses familles, c'est la nouvelle génération qui définira en premier lieu les priorités : l'exposition aux risques climatiques, les marchés privés, la technologie, la philanthropie et la finalité du capital hérité.

Cela ne signifie pas pour autant que les family offices deviendront des vecteurs idéaux pour l'investissement à impact social. Ils restent conçus pour préserver le patrimoine. Mais la notion même de préservation est en train d'évoluer. Un portefeuille qui ne tient pas compte de la réglementation, de la réputation, de la gouvernance ou des risques climatiques pourrait ne plus paraître prudent aux yeux de ceux qui sont appelés à en hériter.

Les prochaines années mettront donc les deux générations à l'épreuve. Les fondateurs devront décider quelle part d'influence ils souhaitent confier à leurs successeurs. Les jeunes membres de la famille devront quant à eux démontrer que la durabilité et l'innovation peuvent aller de pair avec la rigueur, la discrétion et la rentabilité. Les family offices qui géreront bien cette transition ne se contenteront pas de suivre une tendance générationnelle. Ils seront mieux préparés au monde dans lequel leur capital s'apprête à entrer.